Mathilde, chargée d’étude

Elle est arrivée de la région parisienne dans l’après-midi du 27 juin, après un périple de près de mille kilomètres ! Mathilde Calon, 23 ans, est étudiante en Master 2 à l’Université Paris 8. Elle a été recrutée comme chargée de mission par l’association Le Plaçot au cœur, dans le cadre de son stage de fin d’études. Une convention a été signée entre Vincent Godard, le directeur de l’UFR (Unité de Formation et de Recherche) , et Marie-Monique Robin, présidente de l’association. Le stage conventionné prévoit une rémunération de 4,50 euros de l’heure, pour un temps réglementaire de 35 heures par semaine, soit environ 700 euros par mois, payés grâce aux adhésions des membres de l’association. Merci à eux !

Pour préparer ce recrutement, Marie-Monique avait rédigé une fiche de poste déposée sur le réseau TEE, le site des métiers de l’environnement. Une dizaine de candidat·es se sont manifesté·es qui ont été auditionné·es en ligne par notre présidente et Annie Blanc. C’est Mathilde qui a remporté le gros lot ! Nous tenons aussi à remercier Pilar et Thierry Soriano, qui ont proposé de l’héberger, ce qui représente évidemment un énorme avantage, car en général les stagiaires doivent se débrouiller pour se loger, ce qui grève considérablement leur (maigre) budget.

Marie-Monique a interviewé Mathilde après six semaines de présence à Lamanère.

-MMR : D’où viens-tu ?

-Mathilde : J’ai grandi au Bourget en Seine Saint Denis, où j’ai passé toute mon enfance.

-MMR : C’est le « 9.3 » ?

-Mathilde : oui et contrairement à l’image qu’a souvent le département, c’est un endroit super ! C’est à côté de Paris, il y a le Parc de la Courneuve juste à côté de chez moi. C’est un espace Natura 2000, avec un grand lac. Il y a une « zone humide », qui est mon endroit préféré. Je suis très attachée au parc. Il y a plein d’oiseaux, et le soir quand on fait le tour du lac, il y a plein de crapauds qui chantent. Quand j’étais petite, on y allait pour faire du vélo, pour jouer. Et après j’ai découvert la beauté du site. Sur le grand lac, il y a une petite île avec beaucoup de hérons, de canards et de poules d’eau.

-MMR:Pourquoi as-tu fait des études de géographie?

-Mathilde: J’ai fait une double licence histoire-géographie à Villetaneuse, avec une préférence pour la géographie. J’aime étudier les territoires et les gens qui vivent sur ces territoires.  Je fais un Master 2 à Paris 8. L’intitulé c’est « Vulnérabilités, Alternatives, Résistance, Adaptation ». C’est un Master qui étudie les projets collectifs et les dynamiques de transition écologique un peu partout en France. On a étudié ce qui se fait en Seine-Saint-Denis où il y a pas mal de d’initiatives d’agriculture urbaine et de jardins partagés. Nous avons aussi fait un voyage d’étude dans le Nord à Loos en Gohelle, où la municipalité conduit un projet de transition écologique avec la participation des habitants.

-MMR : En Master 2, on doit faire un stage ?

– Mathilde : Oui,  je dois faire un stage de quatre à six mois, pour valider mon diplôme.

-MMR : Qu’est-ce tu as pensé quand tu as vu notre annonce ?

– Mathilde: Ah !Je me suis dit que c’est très loin de chez moi ! Mais j’ai pensé que c’était intéressant de collaborer à un projet dans un village en pleine montagne, d’autant que j’aime beaucoup faire de la randonnée.

– MMR : Lamanère est un endroit très isolé. Ca ne t’a pas fait peur ?

– Mathilde : J’ai regardé sur internet, j’ai vu qu’il n’y avait rien pour faire ses courses. Mais je me suis dit que cela devait être un endroit très protégé et que du coup cela pouvait être une expérience enrichissante.

– MMR : Comment s’est passée ton arrivée ?

– Mathilde : J’ai été accueillie au bar, où il y avait un match de l’USAP.  On m’a proposé de boire quelque chose, puis Pilar et Thierry m’ont montré le logement où j’allais habiter.

– MMR :En quoi consiste ton travail ?

– Mathilde :Je fais une sorte d’étude de marché en contactant des acteurs locaux ou nationaux qui peuvent nous aider à porter le projet d’animation du Plaçot, comme des associations de yoga, des clubs de randonnée, les associations culturelles et environnementales de Catalogne du Sud, etc.. L’idée c’est de faire connaître le bâtiment rénové et d’attirer du monde à Lamanère ! La commune a plein d’atouts. Lamanère est un joli village qui a beaucoup de charme, au creux des montagnes, avec un environnement naturel exceptionnel, il y a une biodiversité très riche, un potentiel de randonnée énorme. La rivière permet d’avoir un climat très agréable. L’altitude apporte de la fraîcheur. L’isolement du village lui apporte de la tranquillité et du calme. C’est un endroit parfait pour tous les stressés qui veulent déconnecter et se refaire une santé.

Le 11 juillet, Mathilde a animé une réunion publique, à laquelle ont participé une cinquantaine de personnes. Elle a présenté ses premières observations sur les « forces et les faiblesses » de Lamanère et du projet du Plaçot. A la fin de son stage elle rédigera un rapport qui constituera une synthèse de la centaine d’entretiens qu’elle aura menés auprès des acteurs locaux, nationaux et internationaux, potentiellement intéressés par le site du Plaçot. Un outil précieux pour développer notre mission d’animation!

Mathilde a organisé des groupes de travail pendant la réunion du 11 juillet.

Marie-Monique Robin

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